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11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 19:53
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Edition Odile Jacob, ci-dessous, le verso du volume:

"Fatigue, inhibition, insomnie, anxiété, indécision: la plu­part des difficultés rencontrées dans la vie quotidienne sont aujourd'hui assimilées à de la dépression. Croisant l'histoire de la psychiatrie et celles des modes de vie, Alain Ehrenberg suggère que cette « maladie » est inhérente à une société où la norme n'est plus fondée sur la culpabilité et la discipline, mais sur la respon­sabilité et l'initiative; elle est la contrepartie de l'énergie que chacun doit mobiliser pour devenir soi-même.
Et si la dépression était surtout le révélateur des muta­tions de l'individu ? […]
 
 Sociologue, Alain Ehrenberg dirige le groupement de recherche « Psychotropes, Politique, Société » du CNRS. La Fatigue d'être soi est le troisième volet d'une recherche qui, après Le Culte de la performance et L'Individu incertain, s'attache à dessiner les figures de l'individu contemporain." 

                                                                              **************************************

Il ne s'agit pas d'une fatigue d'être soi par la contemplation désolée chaque matin du même nez au milieu de sa figure. Mais de tout devoir choisir en tant qu'individu à chaque moment, là ou autrefois la meute originelle ou la société pré-moderne nous reposait par les normes  du "prêt à porter". Voyons p.236:


"Quel que soit le domaine envisagé (entreprise, école, famille), le monde a changé de règles. Elles ne sont plus obéissance, discipline, conformité à la morale, mais flexibilité, changement, rapidité de réaction, etc. Maîtrise de soi, souplesse psychique et affective, capacité d'action font que chacun doit endurer la charge de s'adapter en permanence à un monde qui perd précisément sa perma­nence, un monde instable, provisoire, fait de flux et de tra­jectoires en dents de scie. La lisibilité du jeu social et politique s'est brouillée. Ces transformations institution­nelles donnent l'impression que chacun, y compris le plus humble et le plus fragile, doit assumer la tâche de tout choisir et de tout décider."


Comme le disait déjà Freud en 1938: "Le barbare, il faut bien l'avouer, n'a pas de peine à bien se porter, tandis que pour les civilisés, c'est là une lourde tâche."

 Très bon historique des définitions de la dépression et des thérapies successivement proposées.

 De même qu'on arrive au bureau en disant :" Ah! je tiens une bonne crève aujourd'hui", personne ne s'exclamerait: " Ah! la déprime que je me prends aujourd'hui!"
  La dépression reste chevillée au mal, au péché, à la faiblesse. C'est pourquoi on devrait appeler les antidépresseurs simplement "toniques" (p.266)
  
Bouquin fort intéressant, exigeant néanmoins un bon apport d'oxygène, à ne pas lire en phase de digestion d'une choucroute. 

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Michel Luisier - dans Société
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parapharmacie en ligne 11/10/2010 12:11



Belle critique