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13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 15:47
PlaneteOuragans-copie-1.jpg
Il y avait plusieurs années que je n’avais plu lu de SF, et je  me suis relancé avec La Planète des Ouragans, de Serge Brussolo, Folio, SF, 138.
Trois volumes de 1997, d’abord publiés séparément, sont réunis dans cet opus : 1.- Rempart des Naufrageurs 2.- La petite fille et le doberman 3.- Naufrage sur une chaise électrique.
 
 Bref portait en page 3 : « Écrivain prolifique, adepte de l'absurde et de la démesure, Serge Brussolo, né en 1951, a su s'imposer à partir des années 80 comme l'un des auteurs les plus originaux de la science-fiction et du roman policier français. La puissance débridée de son imaginaire, les visions hallucinées qu'il met en scène, lui ont acquis un large public et valu de figurer en tête de nombreux palmarès littéraires. Le syndrome du scaphandrier, La nuit du bombardier ou Bou­levard des banquises témoignent de l'efficacité de son style et de sa propension à déformer la réalité pour en révéler les aberrations sous-jacentes. »
J’ai d’abord hésité à m’embarquer dans ce pavé de 700 pages, heureusement écrit assez gros pour les miros. J’ai ensuite failli caler à la page 248 (titre 2) car on y trouve un copier-coller de 5 pages du titre 1, p.112 et suivantes. Heureusement, cela ne s’est plus reproduit.
Je ne dirai rien de l’histoire qu’on peut trouver résumée sur la toile en moult endroits.
 
Mais ce qui m’a vraiment plu, c’est un style aussi riche en invention que l’aventure elle-même ; on pourrait le citer comme la caverne d’Ali Baba de la métaphore. En guise de preuve ces quelques lignes : le vieux conservateur du musée cherche à le sauver contre les attaques d’une confrérie religieuse totalitaire, mais il est au bout du rouleau (de parchemin, bien entendu). 
 
« - Je suis une momie, chevrota-t-il en levant les avant-bras telle une mante religieuse. Si je voulais me cacher, je n'aurais qu'à me ratatiner dans la vitrine des momies indiennes. Les envahisseurs n'y verraient que du feu ! C'est d'ailleurs ce que je prév­oyais de faire lorsque j'aurais senti venir la mort.
Le conservateur rejoignant ses collections, joli, on ? Je m'imaginais, me déshabillant et me glissant tout nu entre deux rabougris d'outre-tombe. A mon âge on ne pourrit plus, on se dessèche comme un insecte. On a la politesse des cadavres propres. Je me serais changé en mannequin de cuir, en vieux foetus épaissi. Mes lèvres auraient fondu, découvrant mes dents, j'aurais fait la grimace aux visiteurs, toute journée, comme un clown inépuisable! Quelle revanche pour un universitaire nourri d'encyclopé­dies, allaité à l'encre violette et bercé par le ressac des machines à écrire! Momie indigne, cadavre irrespectueux ! Pièce de musée factice ! Werner le faussaire ! Le faux homme des cavernes habitant légalement la vitrine cinquante-sept de la section anthropologique. Werner, le squatter des musées, le passager clandestin de l'Histoire! Quelle belle fin... Ou quel beau commencement, je ne sais plus.
- Taisez-vous ! cria Nathalie. Vous ne faites que parler !
Le vieillard ricana.
- Qu'est-ce que tu veux que je fasse d'autre, mon petit ? Je suis soudé à ce fauteuil, ma liberté c’est ma langue. » (p.497, titre 2)
 

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commentaires

Alekusi 16/01/2008 08:45

Je veux bien les lire si tu me les pretes :)