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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 10:45
      Un livre noir: au moins ça se voit tout de suite! Et pourtant, pas un roman noir, nulle enquête en vue, si ce n'est celle, lancinante, chevillée au coeur de l'homme: la transformation du fringant jeune homme nageant dans les rouleaux en quintuple ponté des coronaires abandonné de tous:
 
"Or il sem­blait bien au contraire que, vieillard diminué comme beaucoup de vieillards,
 il était entré dans un processus de rétrécissement, et qu'il lui faudrait en l'occurrence
 boire jusqu'à la lie le calice de ses jours sans but, jours sans but et nuits incertaines,
 témoin de sa dégradation physique irréversible, en proie à une tristesse incurable,
 dans l'attente, l'attente de celui qui n'a rien à attendre. " (p.136)

       Livre noir qu'il aurait pu appeler  Eros et Thanatos: à force de  conquête et d'abandons successifs, pas étonnant que plus personne ne s'occupe de lui :

" Et voilà: il avait divorcé trois fois, jadis épouseur à répétition, mari caractérisé tout autant par sa ferveur que ses malversations conjugales, et il allait devoir s'en sortir tout seul..." (p.136)
      


     A propos de titre, la traduction "Un homme" rend mal le "Everyman" de l'original, dans la mesure où l'idée que nous assistons au sort de CHACUN n'apparaît pas.
    Vous améliorerez vos connaissances médicales et pourrez anticiper toutes les joies des interventions dans le domaine cardiovasculaire:

" Le médecin procéda ensuite à une angioplastie; il inséra un stent dans l'artère antérieure gauche descendante, après l'avoir gonflée au niveau de la resténose. Depuis la table d'opération, il vait vu le cathéter qu'on faufilait dans l'artère coronaire...(p.67-68)

     On trouve en filigrane une saga familiale autour d'un commerce de montres et de bijoux, et la présence rassurante d'un grand frère dont la trop bonne santé finit pas dégoûter notre héros abonné aux salles d'opération.
      Intéressant, troublant, rapide (environ 150 pages). Hélas criant de vérité crue et implacable. A lire par ceux qui ne sont pas encore conscients de la décrépitude qui nous attend. Ou par ceux qui veulent se remettre une couche de réalisme et de fatalisme en guise de conjuration. Amen

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