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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 15:08
             L'arche des Kerguelen       Voyage aux îles de la Désolation
          Jean-Paul Kauffmann


      C'est à la fois une plongée dans l'espace, l'Archipel des Kerguelen étant le nec plus ultra de l'inaccessible - le continent le plus proche est l'Australie à 4800 km - et dans le temps, car au moment où il nous fait découvrir l'île avec lui, Jean-Paul Kauffmann  retrace minutieusement l'histoire des premiers explorateurs, notamment par l'énigmatique Yves de Kerguelen en 1772.
     L'autre nom des Kerguelen, Iles de la Désolation amènent dès le Prologue une réflexion sur l'ennui, que n'aurait pas désavoué Baudelaire*:
    " Plus que la souffrance, le désœuvrement n'est-il pas l'épreuve suprême ? Qui sait combler le vide de l'âme quand plus rien ne l'absorbe est tiré d'affaire. Il triomphe du supplice le plus cruel : le temps sans mesure ni terme. La douleur occupe ; l'être souffrant se contemple dans son tourment. L'ennui ne connaît ni la nuance ni la satiété. "p18
       

        L'auteur n'abuse pas des commentaires métaphysiques; cependant, chacune des anecdotes sert de tremplin vers une réflexion plus large. Par exemple, lors d'un dîner autour d'un omble de fontaine qui se plaît  à la pureté des eaux des Kerguelen alors qu'il disparaît de nos lacs savoyards et suisses, s'amorce une vision d'Îles-Refuges:
       " Avant que les espèces vivantes ne disparaissent l'une après l'autre de la surface de notre planète, elles trouveront peut-être refuge dans cette arche de Noé qui flotte au milieu de l'immensité australe, assurant dans l'oubli continuité de la vie sur terre." p.126   

        
Les descriptions sont toujours simples, directes, proches des sens, par exemple ici pittoresques: " Le vert des pentes d'acaena, le bleu ardoise du volcan du Diable, le basalte rouge des barres rocheuses composent sur l'eau noire des couleurs amollies qui évoquent l'aquarelle." p.124
et là,  poétiques : " Parfois le vent s'arrête net, révélant le cœur tumultueux du silence dans le miroitement infini de la nuit." p.190

          Cette arche de 103 mètres, la trouvera-t-il ?  A vous de voir....
 

  Présentation du livre:

Recto       Verso                                                            
     Kerguelen008





        
«Aux Kerguelen, archipel français perdu des mers aus­trales, il y a beaucoup de messages abandonnés dans des bouteilles mais nul ne les a retrouvés. Depuis quarante ans, je me prépare à ce voyage. J'irai à Port-Christmas pour découvrir l'arche des Kerguelen. Cette voûte de cent trois mètres de hauteur, qui stupéfia tant de navi­gateurs, évoque l'entrée d'une crypte. Le sens caché de cette France australe longtemps maudite s'y trouve peut-­être dissimulé. »

 Ces îles dites de la Désolation, où règne le vent, passent pour être le point le plus isolé du globe. La soli­tude y est extrême, rompue seulement par des troupeaux de mouflons, des régiments de chats sauvages, des lapins cachés dans les prairies profondes. On retrouve des tombes partout. Ce que j'entreprends n'est pas un voyage initiatique. Il n'y a pas de Graal à découvrir dans ce dis­trict mystérieux que le chevalier de Kerguelen, empri­sonné après avoir découvert ces îles en 1772, appelait le "troisième monde".»

J.-P. K.

Jean-Paul Kauffmann est l'auteur de La Chambre noire de Longwood et de La Lutte avec l'Ange (La Table Ronde). Journaliste au Matin de Paris puis à L'Événement du jeudi, ancien rédacteur en chef de l'amateur de Bordeaux ,il dirige aujourd'hui L'Amateur de cigare. Il a obtenu le Prix Roger-Nimier et le Prix Fémina Essai.

* à propos de Baudelaire et de l'Ennui, voici les quatre dernières strophes du poème
"Au Lecteur" au début des Fleurs du Mal:

                                      

Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie,
N'ont pas encor brodé de leurs plaisants dessins
Le canevas banal de nos piteux destins,
C'est que notre âme, hélas! n'est pas assez hardie.


Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,
Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
Dans la ménagerie infâme de nos vices,


Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde!
Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,
Il ferait volontiers de la terre un débris
Et dans un bâillement avalerait le monde;


C'est l'Ennui! - l'oeil chargé d'un pleur involontaire,
Il rêve d'échafauds en fumant son houka.
Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère!

 
        
             Enfin, p
etit bémol, qui ne concerne que l'imprimeur à qui les Editions de la Table Ronde ont confié ce livre, une série de coquilles sur plusieurs pages vers la fin, où l'on a laissé l'imprimante faire son delirium tremens sans lui donner à boire!!

                  Comment peut-on envoyer en librairie un tel gâchis??

Exemple p.232

 coquille




























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