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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 17:41

 

                On en parle d'autant plus que le film de Pawel Pawlikowski vient de sortir en novembre 2011, mais le bouquin vaut le détour et tient bien dans les mains. Environ 400 pages en 21 chapitres pour suivre la descente aux enfers de Harry Ricks, un professeur d'université américain, broyé par un désastre amoureux, professionnel, familial, judiciaire, une fuite à Paris, bref, " la totale ".

       Ce scénario de la dèche tient sur 130 pages et on allait commencer à s'ennuyer quand surgit Margit Kadar en femme fatale. Fatale même dans le sens littéral du latin fatum, le destin, car on va la découvrir peu à peu en manipulatrice de destin....mais.. , ...silence...à vous de découvrir!


femV081

 

       Dans la citation ci-dessous, elle relate son expérience antérieure de femme obligée de vendre ses charmes pour survivre. Ce passage est assez représentatif d'une opposition entre la morale américaine et une forme d'amoralité que prône Margit, un des fils conducteurs du roman.


  Page 168, c'est Harry qui commence le dialogue:

 

 

-Ton mari devait être un homme remarquable­ment tolérant.

-Il était aussi complexe que n'importe qui. Des points forts remarquables, de grandes faiblesses... Je l'aimais à la folie mais je le haïssais, souvent. Et je crois que c'était pareil pour lui, envers moi. Et quand il s'agissait d'autres femmes, ce n'était pas un saint.

- Il avait des maîtresses ?

- Un jardin secret... avec beaucoup de fleurs. - Et tu ne t'y opposais pas ?

-Il a toujours été discret, là-dessus, et il ne m'a jamais fait me sentir moins importante pour lui. Au contraire, je crois que ce sont toutes ses aventures qui lui ont permis de rester avec moi.

J'ai secoué la tête. Elle a ajouté -Ça t'intrigue, n'est-ce pas ?

-J'avoue que oui. Je n'imagine pas un seul couple américain qui accepterait ce genre d'arrangement. -Je suis sûre qu'il y en a beaucoup, moi. Mais, évidemment, ils gardent ça pour eux.

- Peut-être, mais à la base de la culture américaine il y a une conviction profonde : qui dit transgression dit punition.

- Tu es bien placé pour le savoir. - Comment en es-tu si certaine ?

- Ça se lit partout sur toi. Tu as été pris en flagrant délit de quelque chose. N'est-ce pas une autre règle de la vie américaine, « Ne jamais se faire prendre » ?

-Non. La règle, c'est: « Il y a un prix à payer pour tout. »

- Quelle triste philosophie... penser que le plaisir doit toujours être puni.

- Le plaisir illicite, seulement.

- Mais les plus grands plaisirs sont toujours illici­tes, tu ne crois pas ? m'a-t-elle demandé à voix basse et en approchant ses lèvres des miennes.

Nous nous sommes embrassés avec fougue, puis elle s'est reculée.

-J'ai dit « Pas aujourd'hui », a-t-elle murmuré. Mais dans trois jours, ce sera oui... Et maintenant, tu dois partir.

- Déjà ?

- J'ai à faire. - OK.

        Comme après toute descente aux enfers, il faut une sorte de rédemption, Margit va aider Harry à remonter la pente...avec des méthodes sentant le soufre mais assez radicales! 

         Edition Pocket, No 13573, paru en mai 2007

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