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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 13:05

 

 

Boston: the Tobin Bridge

Tobin-Bridge_JPG.jpg

 

Sous le Pont Mirabeau coule la Seine et nos amours...merci l'Apollinaire pour ce fabuleux poème!  Mais sous le Tobin Bridge à Boston coule la Mystic River qui n'a rien de mystique: son seul rapport à l'au-delà étant d'ouvrir son cimetière d'eaux glauques et huileuses à quelques malheureux héros du livre de Dennis Lehane, Mystic River. (Rivages /Noir 515, 584 pages)

 Maintenant, il n'y a que deux possibilités: soit vous avez déjà vu le film réalisé par Clint Eastwood en 2003 et qui passe pour excellent, mais alors le livre perdra sa charge de suspense, soit non, et vous gardez intactes vos chances de lire un polar d'exception  Mystic-River.jpg

 

    En exergue, deux citations dont une du poète espagnol Gongora: " Il n'existe pas de rue aux pavés muets, ni de maison sans échos. "  Pas étonnant que tout commence par la présentation du schisme entre deux quartiers, les Flats, prolétaire, baptisé "Cradeville" et par ceux du Point, classe moyenne.  En 1975, trois garçons, Sean Devine, Jimmy Marcus et Dave Boyle font les quatre cents coups dans ce périmètre mais Dave va être enlevé par de faux flics...On retrouve ces trois protagonistes 25 ans plus tard au coeur d'une tourmente: la fille de Jimmy, truand repenti, a été assassinée; Dave, qui ne s'est jamais remis de son enlèvement est soupçonné, et c'est l'inspecteur Sean Devine qui mène l'enquête. Difficile de faire mieux comme imbroglio.

        Je vous laisse déguster les méandres de l'enquête; gardez toutefois un oeil sur cet aspect socio-ethnologique, le tissu urbain devenant une sorte de personnage:

" Sean fut assailli par une douleur sourde au niveau des yeux, et dans l'éclat du soleil impitoyable réfléchi par les capots et les coffres, il lui sembla soudain mesurer la pression de la rue, de ses maisons, du Point tout entier et des attentes placées en lui, Sean Devine. Il n'était pas du genre à voler des bagnoles. Un jour, il irait à l'université, et il se débrouillerait pour faire de sa vie quelque chose de grand, de mieux, que celle d'un contremaître ou d'un débardeur. (p.25)

 

       Par ailleurs, outre les détails de l'enquête policière, Dennis Lehane excelle dans l'analye de l'évolution psychologique des personnages (y compris secondaires), des noeuds familiaux, de la violence des passions, des sentiments.

      On appréciera les métaphores surprenantes, ancrées dans le concret, très sensitives: "De nouveau, Sean éprouva cette sensation de changement brutal d'atmosphère, accompagnée cette fois par un goût de piécettes sales dans la bouche. Son estomac lui semblait creux, comme évidé à la cuillère. " (p.30)

        Bonne lecture! Maintenant, je suis mûr pour le DVD!

        

 

 

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