Heureusement que les botellones arrivent enfin chez nous, sans quoi il aurait fallu aller les chercher.
Comme le dit Octavio Paz* " Et comme règne aujourd'hui dans ces anciennes patries de l'orgie dionysiaque et du savoir érotique, un
puritanisme de pédants, il faudrait....quelques Rabelais et Restif de la Bretonne."
Dans notre monde marqué de plus en plus par une aseptisation
forcenée (cf. la chasse aux sorcières contre la cigarette),
il faut faire péter les boulons du moralisme bien-pensant et ouvrir en grand la porte à l'orgie fondatrice .
Illustration: botellon en formation

Il faut l'enseigner dans les écoles (le botellon) avec travaux pratiques, évaluation formative
et sommative, et, d'ici 4 ans, le consacrer en discipline olympique.
Cessons de nous voiler la face; on arrose les collégiens avec la Dive Bouteille de Rabelais et son mot d'ordre Trink = Beuvez! Ce n'est pas le rire qui est le
propre de l'homme, mais le boire, selon le génial médecin!
On les humecte ensuite avec Rimbaud : "
"Il s'agit d'arriver à l'inconnu par le dérèglement de tous les sens
ou
"Le meilleur c'est un sommeil bien ivre, sur la grève. "
Après on les plonge dans Baudelaire:
"Il faut toujours être ivre : tout est là, c'est l'unique question. Pour ne pas
sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve. Et de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre
guise, mais enivrez-vous ! "
Donc assumons!
Botellonons!
A demain pour le (2/2), où je vous parlerai du livre ci-dessous, que les pseudo théoriciens
du botellon auraient dû lire avant de s'étaler en billevesées:
* Cité par Michel Maffesoli, "L'Ombre de Dionysos", contribution à une sociologie de l'orgie, Méridiens/ Anthropos, 1982