Hier, dans le supplément week-end du journal Le Temps, Michel Barbey, critique de jazz, a choisi
un mimétisme littéraire sur lit de métaphores valant leur pesant de cuivre, à propos de la sortie du CD " Sonny, please"
Sonny Rollins, l’ivre ouvert. Par Michel Barbey
[...]"Quoi de neuf? Rien sur le fond, mais tellement dans la manière. Ou, sans jeu de mots, dans le rapport à la matière, splendide et apparemment inentamable bloc de granit qui se prête ici, comme aux tout grands jours, aux plus argileuses manipulations. Rien à sculpter dans l'effort puisqu'un souffle suffit : la pâte sonore à la Rollins, c'est un marbre ductile, une soufflerie de verre d'où surgit et se métamorphose à l'infini toute une statuaire baroque, un bestiaire fantasque livré aux plus imprévisibles sursauts. Suspens absolu du discours rollinsien, sac d'oursins d'où s'échappent à tout moment des serpents ivres."[...]
M.B. s'est bien défoncé, s'est fait plaisir, et à nous aussi.