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9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 20:17


Dans "La sonate à Kreutzer" Tolstoï propose une solution plutôt radicale du dilemme corps/esprit dans l'amour:  (Ed Folio p.136)

 

"Nous, les hommes, nous ignorons et nous ignorons parce que nous ne voulons pas savoir, les femmes, elles, savent et fort bien que l'amour le plus élevé, le plus poétique, comme nous disons, dépend non de mérites moraux mais d'un rapprochement physique et par surcroît d'une coiffure, de la couleur, de la coupe d'une robe. Demandez à une coquette expérimentée qui s'est donné pour tâche de séduire un homme ce qu'elle préfère risquer: être accusée de mensonge, de cruauté, et même de dévergondage en présence de l'homme qu'elle essaye de charmer ou se montrer à ses yeux dans une robe laide et mal faite; n'importe laquelle choisira toujours la première éventualité. Elle sait que nous ne faisons que mentir en parlant de sentiments élevés, que nous n'avons besoin que du corps et que par suite nous pardonnons toutes les vilenies, mais que nous n'avons pas d'indulgence pour un vêtement défectueux, sans goût et mauvais genre. La coquette sait cela consciemment mais la première jeune fille innocente venue sait cela inconsciemment, comme le savent les animaux."


Ensuite, sur le fameux thème " toutes des p...  sauf maman "je crains bien qu'il oublie même le * sauf * :

 

 

"De là, ces jerseys abominables, ces arrière-trains postiches, ces épaules, ces bras nus, ces poitrines presque entièrement découvertes. Les femmes, surtout celles qui ont passé par l'école des hommes, savent fort bien que les conversations sur des sujets élevés ne sont que des conversations, et que ce dont l'homme a besoin c'est le corps et tout ce qui peut le placer sous l'éclairage le plus flatteur, et c'est précisément ce qui se passe. Il suffit de faire abstraction de cette habitude, de cette infamie qui est devenue pour nous une seconde nature et de jeter un coup d'oeil sur la vie de nos classes supérieures, telle qu'elle est, avec tout son dévergon­dage... Ce n'est qu'une immense maison de tolérance. Ce n'est pas votre avis ? Permettez, je vous le démon­trerai, reprit-il en m'interrompant. Vous dites que les femmes de notre société vivent d'autres intérêts que celles des maisons de tolérance, et moi je vous dis que non et je vous en fournirai la preuve. Si des gens diffèrent par le but, par le contenu interne de leur vie, cette diversité se reflétera inévitablement à l'extérieur et cet extérieur sera différent. Mais regardez ces malheureuses qui sont méprisées et les femmes du grand monde: mêmes parures, mêmes manières, mêmes parfums, même décolletage des bras, des épaules, de la poitrine, même façon de mouler et de faire ressortir leur arrière-train, même passion pour les cailloux, pour les objets brillants et coûteux, mêmes distractions, danses, musique et chansons. Les unes cherchent à séduire par tous les moyens, les autres aussi. Aucune différence. Pour en donner une définition rigoureuse, il suffit de dire que les prosti­tuées à court terme sont habituellement méprisées, les prostituées à long terme respectées."

 

A vous de juger!

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